On the eve of the Low cost terrorism era

Two days after the knife attack in the subway and two years after another knife attack in the streets of London, we could ask ourselves if we are now on the eve on a low cost terrorism era. And the answer would be yes, unfortunately, we are there.

Israel has already been confronted with this low cost terrorism for several months and nothing can be done to counter it. The situation is even more complicated in our countries where we are not in a state of war, although it is definitely good for democracy: policemen are not allowed to shoot at a man threatening people with a knife as this wouldn’t be a proportionate response. This is the reason why they stopped the terrorist in London (or alleged terrorist in the “newspeak” language) with a teaser.

What would happen if radical Islamists related or not to Al Qaida or ISIS start to use knives rather than hand guns or machine guns? How would the Police or Intelligence services detect them? It is already impossible to detect those terrorists when they collect machine guns at home, build IED’s (Improvised Explosive Device) in their garage or kitchen! Look at how the terrorists were organized in Paris and no one was in a position to stop them: nor the Belgian Intelligence services and Police, nor the French Intelligence services and Police…no one!

Imagine…

Imagine now these radicals that would like to develop a copycat situation of what is happening in Israel. Imagine radicals Islamists buying knives in the shops of London, Berlin, Rome, Paris, Brussels… Imagine them walking in the streets or in the subways and all the sudden attack people around them. Imagine! The number of victims might not reach the level of Paris attacks but the psychological impact might be even worse: you would never feel safe anywhere, anymore, you would look behind your shoulder every time you walk on a street, you would be scared when people run around you, you would… The impact would be tremendous!

Imagine …I can say it clearly, with no so-called “newspeak”: Police and Intelligence services would be disarmed!

It is certainly urgent to work on the causes of terrorism at global level and stop fighting only on the short term locally. We can’t stop terrorism with a 4-days level 4 alert in capital cities in Europe. The answer has to be Glocal: local AND global, and it has to be done now!

“Imagine there’s no countries; It isn’t hard to do; Nothing to kill or die for; And no religion too; Imagine all the people Living life in peace…”

Lennon-1971

Une CIA européenne : la fausse bonne idée de Charles Michel

Il y a quelques jours, dans l’émotion post-attentat de Paris et niveau 4 à Bruxelles, sur fond de « molenbeekisation du débat politique » et batailles politicardes franco-belges par éditorial, Charles Michel proposait par voie de presse la création d’une « CIA européenne ». Une structure supposée éviter que des erreurs telles que celles commises avant, pendant et après les attaques de Paris ne se reproduisent. Une bien belle idée qui aura malheureusement fait un flop en moins de 48h… Dommage, car le momentum était bien là !

Il était inévitable que ça serait refusé d’emblée par plusieurs pays européens, comme c’est déjà le cas aujourd’hui pour la France et l’Allemagne qui ont fait savoir que non, merci, elles n’étaient pas intéressées. Tout simplement, parce que le renseignement se fait dans la discrétion et dans la solitude des États, c’est le b-a.ba de la profession, et qu’aucun pays ne souhaite partager ses informations complètement et en toute transparence. Les objectifs des États membres de l’UE divergent sur la scène internationale : leurs objectifs en renseignement divergent donc également. Un service de renseignement supranational suppose l’existence d’un gouvernement européen, ou à tout le moins d’une politique de défense et étrangère commune. Un projet qui existe depuis les premières années de l’Europe sans être jamais parvenu à dépasser le stade des idées.

Quand bien même… l’Europe a-t-elle réellement besoin d’une CIA ? Une CIA dans tout le fantasme d’omniprésence et d’omnipotence qu’elle véhicule ? Le choix des termes n’est pas innocent, et présenter le projet d’une telle façon n’est certainement pas la manière la plus futée de la faire accepter… L’annoncer via les médias plutôt que d’engager la voie diplomatique non plus ! Car une fois encore, le renseignement se discute dans la discrétion, derrière des portes fermées et dans l’intimité de salles de réunions capitonnées. Un projet d’échange d’informations à l’échelon européen ne peut se discuter par les médias. Alors, effet d’annonce ou erreur de débutant ? En tout cas, occasion très certainement manquée pour la Belgique de tirer son épingle du jeu, de redorer son blason auprès de son grand voisin et d’offrir une opportunité à l’Europe d’avancer dans la bonne direction.

Je suis convaincu que nous avons besoin d’un modèle européen, c’est -à-dire un modèle pensé par les Européens pour les Européens, pas d’une vague reproduction d’un modèle à l’américaine qui ne serait adapté ni à notre champ d’action ni à nos contraintes politiques. Il est urgent de renforcer la lutte anti-terroriste à l’échelle de l’Europe mais pourquoi ne pas commencer par renforcer ce qui existe, c’est à dire les bureaux de Gilles De Kerchove, le Monsieur anti-terroriste de l’Union européenne?

Pourquoi ne pas également mettre en œuvre une plate forme d’échange entre les services de renseignement, non pas d’informations opérationnelles mais bien d’analyse des risques et menaces afin de tenter d’y apporter des réponses sinon communes à tout le moins coordonnées ? Un premier pas vers cette structure européenne que M. Michel appelle de ses vœux, quitte à ce que les informations opérationnelles continuent à s’échanger comme aujourd’hui, en bilatéral. En attendant un projet politique de l’Europe, une vision commune de la Défense, une politique étrangère globalisée… On en est loin, il y a matière à débat, mais il y a clairement urgence à penser le projet européen de renseignement hors de l’émotion du 13 novembre, dans la nuance, la précision et la négociation. Il y a urgence…

Update du 15/02: vous pouvez lire cet article retravaillé sur le site du CF2R