Merci, Thanks !

Après l’émotion et la colère je voudrais ici remercier les media qui m’ont suivi et publié. Quand le monde politique est sourd et aveugle, il reste la presse !

After the emotion and anger would I like to thank the media who have followed me and published. When politics is deaf and blind, it remains the press!

Interview live with BBC World News (Impact – 23/03/2016), Interview Live with Radio-TV Canada (RDI Matin – 23/03/2016) and Interview with CBS (29/03/2016)

http://www.ladepeche.fr/article/2016/03/24/2310839-bernard-snoeck-il-faut-une-plate-forme-au-niveau-europeen.html

http://www.lapresse.ca/international/dossiers/attentats-a-bruxelles/201603/23/01-4963670-pourquoi-la-belgique.php

http://www.telegraaf.nl/binnenland/25466511/___Politici_blind_voor_gevaren_radicale_islam___.html

http://www.spiegel.de/international/europe/terror-attacks-cast-light-on-belgian-identity-crisis-a-1084151.html

http://www.journaldeleconomie.fr/Ancien-des-services-de-renseignement-belges-Bernard-Snoeck-denonce-l-amateurisme-de-son-pays-en-matiere-de-contre_a3348.html

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/la-lutte-antiterroriste-belge-au-banc-des-accuses-apres-les-attentats-de-bruxelles-56f4411335708ea2d3e0cf19

http://www.levif.be/actualite/international/les-attentats-ravivent-des-critiques-la-belgique-les-juge-infondees/article-normal-482151.html

http://pointdebasculecanada.ca/deux-ex-officiers-du-renseignement-belge-accusent-les-autorites-politiques-de-belgique-phenomene-islamiste-motifs-électoralistes/

http://www.lexpressiondz.com/actualite/238122-les-europeens-ont-courtise-les-djihadistes.html

http://politiek.tpo.nl/2016/03/26/bonusquote-voormalig-inlichtingenofficier-belgisch-leger-slacht-politieke-correctheid-af/

http://ilmanifesto.info/dilettanti-mandati-allo-sbaraglio-violento-jaccuse-di-un-ex-agente-antiterrorismo/

http://www.pagina12.com.ar/diario/elmundo/4-295375-2016-03-25.html

http://fr.timesofisrael.com/les-attentats-de-bruxelles-ravivent-des-critiques-que-la-belgique-juge-infondees/

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20160323_00799889/des-defaillances-mais-de-qui

 

J’accuse ! L’attentat que les services craignaient

English translation below!

Avec colère suite aux événements de ce matin, j’accuse la Belgique d’avoir été attentiste depuis des années et de n’avoir jamais donné les moyens aux services de Renseignement de faire leur travail professionnellement pour tenter de prévenir ce genre d’attaques.

J’accuse… les politiques

J’accuse les responsables politiques de n’avoir jamais voulu comprendre la montée de l’Islam radical et de l’avoir délibérément ignorée pour cause d’électoralisme et de « politiquement correct ». Je les accuse d’avoir laissé plusieurs communes belges développer un radicalisme djihadiste depuis des années, au point qu’un responsable socialiste m’avait un jour dit « nous connaissons le problème de Molenbeek mais que voulez-vous, c’est un électorat qu’on ne peut négliger ».

J’accuse les responsables politiques, à tous les niveaux compétents, de ne pas donner les moyens nécessaires et indispensables aux services de Renseignement et de police, de continuer à les sous-financer chroniquement et de ne pas mettre en place les législations qui permettraient une action efficace. Le Renseignement surtout manque de moyens. Je les accuse de ne pas former suffisamment le personnel des services de Renseignement et de préférer les nominations politiques aux véritables compétences.

J’accuse un ancien ministre de la défense de n’avoir pas autorisé une enquête approfondie sur l’Islam radical au sein des forces armées afin de « ne pas stigmatiser la population musulmane au sein de l’armée » (dixit), alors même qu’on a connaissance de personnes radicalisées au sein de la grande muette.

J’accuse… les services de Renseignement

J’accuse le SGRS (le Service Général de Renseignement et Sécurité, le service militaire) de ne pas développer un service analytique digne de ce nom : on collecte mais sans analyse. On se retrouve avec des données dont on ne sait que faire et sans compétences en interne pour les exploiter réellement. Nos « analystes » sont surtout des gestionnaires des dossiers opérationnels. Le service a par exemple eu en mains les milliers de pages du manuel du djihad d’Al-Qaïda, il n’a jamais été analysé, faute de compétences et de moyens.

J’accuse l’incompétence de certains responsables du contre-terrorisme militaire qui ne comprennent pas le travail de Renseignement et le mettent en danger chaque jour par les décisions inconséquentes qu’ils prennent. Aujourd’hui, en Belgique, le responsable du contre-terrorisme militaire n’est jamais issu du Renseignement et il ne faut aucune compétence spécifique pour occuper ce poste ! Le dernier Colonel en charge du contre-terrorisme nous disait son peu d’intérêt pour l’analyse (« nous n’en n’avons pas besoin, disait-il ») et sa décision de supprimer la bibliothèque consacrée à ce sujet. Comment peut-on analyser sans connaissances, sans background, sans compréhension profonde des enjeux ? Comment peut-on utiliser l’information opérationnelle récoltée sur le terrain si elle n’est pas connectée, investiguée, mise en liens et en perspective ?

Je me souviens d’un responsable de la sécurité belge qui me disait que l’on peut régler une attaque chimique avec l’eau (sic) des camions de pompier. Propos tenus lors de la visite du Président Bush à Bruxelles en 2005.

Je me souviens des propos d’un responsable de la Sûreté de l’Etat qui s’énervait lorsque je disais en 2001 que la Belgique était une base arrière du terrorisme depuis des décennies. Une information connue depuis plus de 20 ans aujourd’hui et sur laquelle rien ou presque n’a été fait faute de moyen et de volonté. Toujours ce politiquement correct qui gouverne notre pays !

J’accuse le contre-terrorisme militaire d’amateurisme : manque criant d’inspecteurs de terrain (combien en avons-nous sur le terrain, Général ? Je sais c’est secret mais c’est surtout dramatique) et manque critique de connaissances sur l’Islam radical.

J’accuse… et après ?

Je ne peux terminer ce « j’accuse » sans une pensée pour mes anciens collègues du Renseignement et de la police fédérale qui, toujours, ont fait montre d’une volonté de travailler le plus professionnellement possible sans que le monde politique ne lui témoigne le moindre soutien réel, hors des discours en conférence de presse.

Les responsables politiques n’écoutent pas les services de Renseignement, jamais : quand sont-ils venus pour la dernière fois dans les bureaux des services militaires pour tenter de comprendre nos missions ? Quand ont-ils constaté de visu le manque de moyens de nos services sur lesquels ils comptent pour assurer la sécurité des citoyens ?

Malheureusement il est trop tard, les morts sont là et on peut que pleurer sur l’impéritie de nos responsables. Toutes mes pensées se dirigent bien sûr vers les victimes et leurs familles. Mais ma colère se tourne aujourd’hui vers le monde politique. Si les coupables sont bien évidemment identifiés dans le chef des djihadistes, il y a également des personnes responsables d’avoir laissé ces attaques se perpétrer, et elles devront rendre des comptes aux citoyens belges. Ce sont des années de mauvaise gestion et défaut de prévoyance qui sont à l’origine de cette situation, le gouvernement actuel ne fait que tenter de colmater les brèches d’une situation héritée de ses prédécesseurs.

Mais maintenant, nous nous devons de réagir et de proposer des solutions. Ce n’est plus un choix c’est une obligation que nous devons en mémoire aux victimes du terrorisme et en réponse à nos incompétences.

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I accuse! The attack that intelligence services were afraid would happen…

Outraged about the events of this morning in Brussels, I accuse Belgium of having endorsed a “wait-and-see” policy for years and having never giving to the intelligence services the means to do their job professionally to try and avoid this kind of attack.

I accuse… politicians

I accuse politicians of never having wanted to understand the rise of radical Islamism and having deliberately ignored it because they were afraid to lose votes and not be “politically correct”. I accuse them of having let several Belgian cities develop jihadist radicalism for years, to the point that a socialist leader once told me “we know the problem in Molenbeek but what do you want, it is an electorate that we can’t neglect”.

I accuse politicians at all responsible levels for not giving the necessary and essential resources to intelligence and police services, to under-fund them chronically and not put in place the laws that could allow their effective operation. The intelligence community, mostly, lacks the right human resources. I accuse them of not training effectively enough the staff of intelligence services and of putting people on high positions because of no other reason than their political affiliations.

I accuse a former Minister of Defense of not having authorized a deep investigation on radical Islam in the armed forces in order “not to stigmatize the Muslim population in the army” (dixit), while we already knew there are radicalized people into the Army.

I accuse… Intelligence services

I accuse the SGRS (Belgian military intelligence service) of not developing an analytics department: we collect data but do not analyze it. We find ourselves with data we don’t know what to do with and without any skills internally to exploit it. Our “analysts” are rather operational files manager. The Intelligence service had in its hands, among many other examples, the thousands of pages of the jihad manual of Al-Qaeda; it has never been analyzed, because of lack of skills and resources.

I accuse the incompetence of some managers of military counter-terrorism who don’t understand how Intelligence works and put its work in danger every day by taking wrong decisions. Never, in Belgium, does the head of military counter-terrorism have an Intelligence background nor does it take any specific skills to get appointed to the job! The last military officer in charge of the department used to tell us his lack of interest for analysis (“we don’t need it”) and decided to suppress the entire department library. How can we analyze without knowledge, without background, without a deep understanding of what is at stake? How can we use the operational information from the ground if it is not connected, investigated and put in perspective?

I remember a head of Belgian security telling me that we can fix a chemical attack with the water from the fire trucks. It was when President Bush visited Brussels in 2005.

I remember a head of one of the State Security departments who got angry when I said in 2001 that Belgium had been a rear base for terrorism for decades. An information that is now know for more than 20 years and about which nothing or almost nothing has been done, because no one cared or had the means to do anything. Always this “politically correct” taking all the decisions in our country!

I accuse the military counter-terrorism of being amateuristic in its approach: critical lack of field staff (how many do we have on the field, General? Oh, right, it is confidential… but still dramatic!) and critical lack of knowledge on radical Islam.

I accuse… and then ?

I can’t finish this « I accuse » without a thought for my former Intelligence and Federal police colleagues who have always demonstrated a willingness to work as professionally as possible while the politicians were only demonstrating real support in front of cameras in press conferences.

Political leaders don’t listen to Intelligence services, never: when was the last time they came into the military intelligence offices to try and understand our missions? When was the last time they saw with their eyes the real lack of means of the services they rely on to ensure the security of citizens?

It is unfortunately too late and we have only our eyes to cry our deaths and the incompetence of our leaders. All my thoughts go to the victims and their families. But my anger is now turning on politics. If the culprits of these attacks are obviously the jihadists, there are also people responsible of having let those attacks happen, and these people will need to be held accountable for how they failed the Belgian citizens. The attacks are the results of years of mismanagement and lack of foresight and the current government can only try to fill the gaps of the situation it inherited from predecessors.

We now have to react and propose solutions. It is no longer a choice, we owe it to the victims of terrorism and as a response to our failure.