«Il reste encore des éléments à neutraliser»

Mon Interview ce matin à “La Dépêche du Midi

Terrorisme – Bernard Snoeck, Ancien membre du Service général du renseignement et de la sécurité de Belgique, spécialiste du contre-terrorisme

«Il reste encore des éléments à neutraliser»

Paris, Bruxelles : selon vous, ont-ils déterminé leur deuxième cible par «précipitation» ?

 Du point de vue «tactique», le principe pour ces terroristes est d’abord de frapper une «cible molle», peu protégée, mais toujours avec l’aval de leur hiérarchie. C’est donc calibré à l’avance. Ce faisant, même si depuis l’arrestation d’Abrimi, on dit aujourd’hui qu’ils ont décidé de frapper notre capitale dans la précipitation, en l’occurrence, nous sommes face à des éléments contradictoires. Après son arrestation, Abdeslam a indiqué qu’il allait parler et qu’à Bruxelles, ils voulaient refaire les attentats de Paris avec une fusillade dans les rues et des explosifs. Puis on a Abrini qui dit aujourd’hui l’inverse, qu’ils voulaient prioritairement frapper Paris plutôt que Bruxelles. Qui dit vrai ? Qu’Abdeslam se soit dit prêt à collaborer a pu être un accélérateur des attentats de Bruxelles qui auraient été planifiés au début des vacances pascales. Mais la déclaration d’Abrini a peut-être un autre but, être jugé à Paris, pour des raisons que l’on ne maîtrise pas, ou détourner l’attention, en affirmant aussi qu’il est «l’homme au chapeau».

 

Un aveu qui vous laisse circonspect ?

En effet, comme il a déjà été pointé, agir ainsi ne ressemble pas à Daech et nous sommes ici beaucoup à nous demander s’il ne cherche pas plutôt à protéger les restes d’un réseau, des complices qui ont pu échapper au coup de filet, s’il ne cherche pas à gagner du temps. Il faut aussi remarquer qu’à Paris comme à Bruxelles, ni Abdeslam ni Abrini n’ont été jusqu’à l’attentat suicide, ce qui, selon moi, indiquerait qu’ils ont un rôle de coordinateur, de superviseur ou qu’ils sont dans la logistique du réseau ce qui veut dire qu’on a besoin d’eux. Les concernant, je ne crois donc pas à la «lâcheté» de dernière minute mais à une mission qu’ils devaient poursuivre à Bruxelles.

L’arrestation de Mohamed Abrini et d’Osama Krayem scelle-t-elle la fin de cette cellule bruxelloise ?

Je ne pense pas. Pour deux raisons. On n’a toujours pas retrouvé le sac de Krayem, qu’il portait à Maelbeek et qui pourrait toujours contenir des explosifs. Ensuite, ce genre d’action, qui suppose planques, armes, explosifs, achats de matériel, voitures, demande une structure, une organisation de bon niveau, aux ramifications cloisonnées pour des questions de sécurité du groupe. Je pense donc qu’il reste encore des éléments à neutraliser. Combien ? C’est toute la difficulté.

 

 

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