L’injonction au silence de la “Grande Muette”

A la suite de mon « J’accuse » qui a pris bien plus d’ampleur que je ne l’aurais cru, j’ai eu beaucoup de témoignages de sympathie de la part d’anciens collègues en Belgique et ailleurs. Mais pas que. Et ce matin encore, sur mon profil Facebook, une voix s’élevait et m’ordonnait violemment de me taire, m’accusant de faire le « lit des terroristes » en accusant les services de renseignement d’être en partie responsables des attentats de Bruxelles.
Cette voix, c’est celle d’un ancien Général qui tentait (vainement) de me museler à coup de « Taisez-vous » (post supprimé par la suite) et de menaces d’enquêtes du Comité R (Comité de contrôle des services de renseignement).
Ce que cet ancien Général de l’armée ne réalise pas, c’est qu’aujourd’hui, je n’attends que ça : me présenter devant le Comité R et devant la Commission d’enquête parlementaire sur les attentats. Ce que j’ai dit jusqu’à présent n’est que le sommet de l’iceberg. Le reste, que l’Armée (qui décidemment porte bien son nom de Grande muette) se rassure, je ne le dévoilerai pas en public car j’ai conscience de mes responsabilités. Mais je souhaiterais tellement pouvoir être entendu des responsables, de ceux qui ont le pouvoir de faire évoluer dans le bon sens cette situation.
Et ce qui est sûr, c’est qu’on ne me fera pas taire, ni par injonction, ni par menaces.
34 morts et 340 blessés méritent plus que la symbolique des trois singes : je ne vois pas, je n’entends pas et surtout, surtout, je ne parle pas !!! Il semblerait toutefois que ce soit la stratégie adoptée par la Défense : surtout se taire, ne rien dire, attendre que l’orage passe et ne surtout pas, mais alors surtout pas, questionner nos pratiques, nos errances et nos erreurs. Par la voix de cet ancien Général, je retrouve ce que j’ai connu pendant des années au service. La loi du silence. Ne surtout pas oser dire que le système est défaillant, protéger les incompétents, ne surtout jamais oser critiquer la grande machine sous peine d’être menacé des pires maux.
Il me semble pourtant qu’un service public doit pouvoir être, qu’il s’agisse ici du service de renseignement militaire ou du service civil, analysé, décortiqué, que ses performances doivent être analysées et que des leçons doivent en être tirées. Ces services servent le citoyen, pas eux-mêmes ni les Haut Gradés. Un service secret n’agit pas que dans l’ombre, comme il le souhaite, sans rendre de compte à personne sous prétexte qu’il devrait conserver son caractère secret. Sa mission est secrète, son fonctionnement est partiellement secret mais ses tâches sont d’intérêt public et à ce titre, il doit générer des résultats.
Général, ce n’est pas parler haut et fort qui fait le lit du terrorisme, c’est le silence !
C’est l’autocensure, les injonctions au silence, les menaces d’enquêtes.
Je suis découragé de voir qu’essayer de dénoncer les manquements de notre système de sécurité puisse créer autant de ressentiment. Général, on s’est tu tellement longtemps et maintenant ?
Moi je ne peux plus dormir et vous ?

Conspirationnisme et démocratie : la bataille à ne pas perdre

Dans le cadre des multiples tâches dévolues aux services de renseignement et de sécurité il en est une qui, souvent, est mise de côté car considérée comme de peu d’importance : la lutte contre le conspirationnisme qui fleurit sur le web depuis les attentats de 11 septembre 2001.

On n’en finit plus de lire des théories toutes plus hallucinantes (voire hallucinées) les unes que les autres sur la supposée participation de la CIA et du Mossad aux attentats du 9/11, du Mossad dans l’attaque de Charlie Hebdo, sans compter le Mossad toujours derrière les attentats de Paris du 13 novembre 2015.

On peut remarquer une tendance claire dans ces théories conspirationnistes : c’est presque toujours la CIA (donc les USA), le Mossad (donc Israël), la finance internationale (donc, sous-entendu, les Juifs), les médias officiels (donc soit le pouvoir ou les Juifs, ou les deux) qui sont aux commandes des grands complots supposés ou fantasmés de notre histoire récente.

Il est navrant de constater que la plupart des tenants de ces théories (qui tous ne sont pas incultes, loin de là) ne font même pas une recherche élémentaire pour en connaître l’origine. Pour exemple, les théories conspirationnistes du 9/11 ont pris naissance sur un site américain, l’American Free Press et qui ont ensuite été repris par Thierry Meyssan, à qui les théories sur le 11 septembre ont donné une notoriété inespérée. Comprendre ce qu’est l’American Free Press ou étudier le parcours Thierry Meyssan permet immédiatement de relativiser ces théories hallucinées. Le premier est un site web dont le contenu serait qualifié d’extrême droite dans nos pays, le second, bien connu de nos médias, a un parcours qui laisse rêveur : de la lutte contre l’extrême droite à ses débuts, en passant par le renouveau charismatique et la lutte pour les droits des gays (ne pas chercher de logique dans tout cela) pour ensuite développer des théories conspirationnistes avec le soutien de la Russie, le compagnonnage d’Alain Soral et de Dieudonné tout en recherchant la reconnaissance de l’Islam sunnite puis de l’Islam chiite. La vie de Thierry Meyssan est un roman.

Si les théories conspirationnistes n’avaient pour conséquence que de provoquer des débats sans fin sur des forums obscurs d’Internet, elles ne constitueraient au mieux qu’un divertissement pour les analystes des services de renseignement. Mais le problème est bien plus profond et le danger pour la démocratie bien plus prégnant. Quinze ans après le 11 septembre 2001 la France se réveille avec les théories conspirationnistes qui fleurissent autour des attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre, et l’abject s’associe alors au rejet des institutions et des « élites ».

Aujourd’hui il est compliqué pour les élites de faire entendre leur voix, que ce soit dans les explications des attentats, la justification de l’état d’urgence (et de sa non lisibilité quand l’état d’urgence mis en œuvre pour contrer des attentats sert également à tort à mettre sous contrôle des écologistes/activistes lors du sommet de la COP21) ou encore dans des domaines aussi variés que l’importance des campagnes de vaccination ou les tentatives parfois compliquées des professeurs pour expliquer que « oui on a bien marché sur la lune » !! La perte de confiance dans nos élites nous entraîne loin, très loin.

Le gouvernement français semble enfin prendre la mesure du danger et de la rupture progressive du contrat social qui le lie à ses citoyens.

La presse également a compris que la remise en cause de ses compétences mine la démocratie car si l’on se détourne de la presse professionnelle, fatalement on se dirige vers des « médias » alternatifs dont personne ne connait les qualifications professionnelles et les objectifs sous-jacents. Aujourd’hui n’importe qui se proclame expert et trouve de nombreux adeptes sur le net (un phénomène parfaitement illustré par Andrew Keen dans son excellent livre : « Le culte de l’amateur, comment Internet détruit notre culture »).

C’est là que le renseignement doit jouer son rôle de protection des institutions et de la démocratie en identifiant les responsables de ces théories qui détruisent le lien social entre la population et ses représentants.

Il ne faut pas oublier, en effet, qu’une des missions des services de renseignement est de contrer la subversion et l’action des services de renseignement étrangers qui agissent contre nos intérêts. Autour des théories conspirationnistes se retrouvent pêle-mêle des idiots utiles (expression attribuée à Lénine), des éléments subversifs d’extrême droite ou de gauche qui mais également des services de renseignement qui utilisent les mesures actives (désinformation, manipulation) pour saper l’autorité morale de nos pays. Ces derniers doivent être identifiés et un travail doit être fait en aval pour les contrer.

Aujourd’hui le gouvernement français se propose de travailler sur la sensibilisation en mettant en place une politique d’explication des théories conspirationnistes dans le système de l’éducation nationale ou sur le net (malheureusement pas toujours avec bonheur et parfois avec des simplismes contre-productifs) et la presse consacre des articles entiers au démontage de ces théories (en particulier après Charlie Hebdo et les attentats du 13 novembre). Il est regrettable que la Belgique et l’Europe dans son ensemble ne suivent pas cet exemple, en investissant dans la sensibilisation, car un moyen efficace de lutter contre ces théories est de s’assurer une audience réduite.

Mais il est surtout regrettable que les services n’investissent pas plus dans ce qui est et sera un des enjeux prioritaires de nos démocraties : la lutte pour la restauration de la confiance dans nos élites et la sauvegarde du contrat social qui nous lie à nos citoyens. C’est ce que je proposais il y a 15 ans au service qui m’employait alors malheureusement sans être entendu. Il y va pourtant de l’avenir de notre modèle démocratique.

Le temps court de l’anti-terrorisme : une erreur de paradigme

Lors d’une intervention sur France Info ce mardi 2 février, Alain Bauer criminologue français avançait l’idée qu’il nous faut passer de l’ère du contre-espionnage à celle de l’anti-terrorisme. Pour Alain Bauer, il faudrait comprendre que ces deux matières ne sont pas séquencées de la même manière. L’une, le contre-espionnage, travaillerait sur un temps long et l’autre, l’anti-terrorisme, sur un temps court.

Vouloir ainsi opposer temps court et temps long dans le cadre du travail des services de renseignement me semble particulièrement contre-productif en termes de résultat.

Les services de renseignement dont les missions se retrouvent au sein de l’acronyme anglophone TESSOC pour « Terrorism, Espionage, Sabotage, Subversion et Organized Crime », doivent travailler sur le temps long. Que ce soit dans le cadre de l’espionnage ou du terrorisme, le travail des services est basé sur la collecte du renseignement et son analyse. Or la collecte de renseignement s’inscrit dans le long terme.

Comment récolter de l’information fiable et utilisable sur les groupes radicaux, si ce n’est en y recrutant ou en y implantant une source qui collectera l’information pour les services de renseignement ? Mais recruter une source prend du temps. Il faut l’identifier, faire une enquête de sécurité, l’approcher, la convaincre, la tester, l’aider à s’infiltrer dans le groupe cible et enfin attendre parfois des mois si pas plus que la source atteigne le cœur de la cible et arrive à être alimentée par des informations utiles. Que ce soit en contre-espionnage ou en contre-terrorisme nous sommes là dans la gestion longue du temps.

Le temps court tel que le décrit Alain Bauer appartient plus au renseignement policier, dont la collecte de renseignement a pour but immédiat l’arrestation préventive ou préemptive à une action délictueuse voire, si l’information/renseignement arrive trop tard, conduit à des arrestations post attentats. Mais nous sommes là dans l’action policière dont le but est l’arrestation d’individus avant qu’ils ne commentent un attentat.

Le renseignement lui n’a pas pour mission d’arrêter des individus mais bien de collecter les informations devant, dans un second temps, conduire aux arrestations par les services de police. La différence est d’importance. Le temps court qu’appelle de ses vœux Alain Bauer est le temps policier et n’est possible que grâce au travail de collecte à long terme des services de renseignement.

Il ne s’agit pas seulement de perturber les cellules djihadistes ou d’en arrêter les membres préventivement avant de (trop souvent) les relâcher faute d’éléments à charge suffisants. Ce fut malheureusement le cas en Belgique après les attentats de Paris. Au contraire il est nécessaire, non seulement de comprendre le phénomène djihadiste (pourquoi les jeunes se radicalisent, comment ils le font, quels sont leurs parcours éventuels en Syrie, Libye ou Irak) mais également comment se structurent les réseaux en Europe, dans une vision globale, et dans notre pays, dans une vision locale. C’est le « glocal ».

Les attentats de Paris sont là pour nous rappeler qu’il est extrêmement compliqué d’arriver à prévenir les actes terroristes que ce soit de manière préventive ou préemptive. Pour y parvenir, nous avons besoin de renseignements en amont et d’un travail policier en aval.

Mais ces enjeux demandent du temps et des moyens.

Il ne s’agit donc pas d’opposer temps court et temps long mais bien de trouver la complémentarité entre le travail policier et le travail des services de renseignement. C’est à ce prix que l’on arrivera progressivement à réduire la menace terroriste.

Update du 04/02: un exemple flagrant des risques que l’on court ou que l’on fait courir à nos sources à force de travailler dans l’urgence, est à lire sur le site du “Point”:  http://bit.ly/1nOHxXD . Le temps de la réflexion est nécessaire pour éviter de telles erreurs. Quel citoyen prendra le risque de dénoncer un acte lié au terrorisme s’il doit craindre de voir son nom révélé aux suspects? Un éventuel gain à court terme vaut-il une perte de confiance et donc d’informations à long terme?

Update du 15/02: vous pouvez lire cet article retravaillé sur le site du CF2R

On the eve of the Low cost terrorism era

Two days after the knife attack in the subway and two years after another knife attack in the streets of London, we could ask ourselves if we are now on the eve on a low cost terrorism era. And the answer would be yes, unfortunately, we are there.

Israel has already been confronted with this low cost terrorism for several months and nothing can be done to counter it. The situation is even more complicated in our countries where we are not in a state of war, although it is definitely good for democracy: policemen are not allowed to shoot at a man threatening people with a knife as this wouldn’t be a proportionate response. This is the reason why they stopped the terrorist in London (or alleged terrorist in the “newspeak” language) with a teaser.

What would happen if radical Islamists related or not to Al Qaida or ISIS start to use knives rather than hand guns or machine guns? How would the Police or Intelligence services detect them? It is already impossible to detect those terrorists when they collect machine guns at home, build IED’s (Improvised Explosive Device) in their garage or kitchen! Look at how the terrorists were organized in Paris and no one was in a position to stop them: nor the Belgian Intelligence services and Police, nor the French Intelligence services and Police…no one!

Imagine…

Imagine now these radicals that would like to develop a copycat situation of what is happening in Israel. Imagine radicals Islamists buying knives in the shops of London, Berlin, Rome, Paris, Brussels… Imagine them walking in the streets or in the subways and all the sudden attack people around them. Imagine! The number of victims might not reach the level of Paris attacks but the psychological impact might be even worse: you would never feel safe anywhere, anymore, you would look behind your shoulder every time you walk on a street, you would be scared when people run around you, you would… The impact would be tremendous!

Imagine …I can say it clearly, with no so-called “newspeak”: Police and Intelligence services would be disarmed!

It is certainly urgent to work on the causes of terrorism at global level and stop fighting only on the short term locally. We can’t stop terrorism with a 4-days level 4 alert in capital cities in Europe. The answer has to be Glocal: local AND global, and it has to be done now!

“Imagine there’s no countries; It isn’t hard to do; Nothing to kill or die for; And no religion too; Imagine all the people Living life in peace…”

Lennon-1971

Une CIA européenne : la fausse bonne idée de Charles Michel

Il y a quelques jours, dans l’émotion post-attentat de Paris et niveau 4 à Bruxelles, sur fond de « molenbeekisation du débat politique » et batailles politicardes franco-belges par éditorial, Charles Michel proposait par voie de presse la création d’une « CIA européenne ». Une structure supposée éviter que des erreurs telles que celles commises avant, pendant et après les attaques de Paris ne se reproduisent. Une bien belle idée qui aura malheureusement fait un flop en moins de 48h… Dommage, car le momentum était bien là !

Il était inévitable que ça serait refusé d’emblée par plusieurs pays européens, comme c’est déjà le cas aujourd’hui pour la France et l’Allemagne qui ont fait savoir que non, merci, elles n’étaient pas intéressées. Tout simplement, parce que le renseignement se fait dans la discrétion et dans la solitude des États, c’est le b-a.ba de la profession, et qu’aucun pays ne souhaite partager ses informations complètement et en toute transparence. Les objectifs des États membres de l’UE divergent sur la scène internationale : leurs objectifs en renseignement divergent donc également. Un service de renseignement supranational suppose l’existence d’un gouvernement européen, ou à tout le moins d’une politique de défense et étrangère commune. Un projet qui existe depuis les premières années de l’Europe sans être jamais parvenu à dépasser le stade des idées.

Quand bien même… l’Europe a-t-elle réellement besoin d’une CIA ? Une CIA dans tout le fantasme d’omniprésence et d’omnipotence qu’elle véhicule ? Le choix des termes n’est pas innocent, et présenter le projet d’une telle façon n’est certainement pas la manière la plus futée de la faire accepter… L’annoncer via les médias plutôt que d’engager la voie diplomatique non plus ! Car une fois encore, le renseignement se discute dans la discrétion, derrière des portes fermées et dans l’intimité de salles de réunions capitonnées. Un projet d’échange d’informations à l’échelon européen ne peut se discuter par les médias. Alors, effet d’annonce ou erreur de débutant ? En tout cas, occasion très certainement manquée pour la Belgique de tirer son épingle du jeu, de redorer son blason auprès de son grand voisin et d’offrir une opportunité à l’Europe d’avancer dans la bonne direction.

Je suis convaincu que nous avons besoin d’un modèle européen, c’est -à-dire un modèle pensé par les Européens pour les Européens, pas d’une vague reproduction d’un modèle à l’américaine qui ne serait adapté ni à notre champ d’action ni à nos contraintes politiques. Il est urgent de renforcer la lutte anti-terroriste à l’échelle de l’Europe mais pourquoi ne pas commencer par renforcer ce qui existe, c’est à dire les bureaux de Gilles De Kerchove, le Monsieur anti-terroriste de l’Union européenne?

Pourquoi ne pas également mettre en œuvre une plate forme d’échange entre les services de renseignement, non pas d’informations opérationnelles mais bien d’analyse des risques et menaces afin de tenter d’y apporter des réponses sinon communes à tout le moins coordonnées ? Un premier pas vers cette structure européenne que M. Michel appelle de ses vœux, quitte à ce que les informations opérationnelles continuent à s’échanger comme aujourd’hui, en bilatéral. En attendant un projet politique de l’Europe, une vision commune de la Défense, une politique étrangère globalisée… On en est loin, il y a matière à débat, mais il y a clairement urgence à penser le projet européen de renseignement hors de l’émotion du 13 novembre, dans la nuance, la précision et la négociation. Il y a urgence…

Update du 15/02: vous pouvez lire cet article retravaillé sur le site du CF2R

Welcome !

Traditionally, Intelligence has been in the heart of the security of States as a tool for better predicting risks for nations as for today armed conflicts, terrorism, espionage…. “To govern is to foresee (and to not foresee anything is to be on the road to ruin)”, told us Émile de Girardin in 1852. A maxim that has never wavered, although the mechanisms of action and means allocated to the necessary foresight have continued to evolve and not necessarily always in the right direction.

Indeed, since 9/11, the whole philosophy of intelligence has been questioned. Rather than seeking to prevent, our leaders asked us to refocus on the counter-terrorism and strengthen the police work (with a preemptive or reactive approach) … at the expense of risk prevention work that involves the collect of information, which is the true core business of intelligence. Now the intelligence services are almost mainly used to provide useful information to police work.

Today we see that Western intelligence services are overwhelmed by the new security situation, particularly regarding asymmetric conflicts and their corollary mass terrorism. By never stop working as support for the police, our services are no longer able to work on the long term.

There is therefore an urgent need – and without doubt it is already too late – to refocus and reorganize the intelligence services in what is their first mission: the collection of information which will enable, after analysis, to provide timely and accurate Intelligence to our political leaders in order to ensure the protection of our States, our citizens and our businesses

This blog will thus be dedicated to a urgently needed reforming of the intelligence services and their adaptation to emerging risks at the dawn of the twenty-first century.

Enjoy reading !

Bienvenue !

De tout temps, le renseignement a été au cœur de la sécurité des États en tant qu’outil permettant une meilleure prédiction des risques que courent les nations, aujourd’hui les conflits armés, le terrorisme, l’espionnage…. « Gouverner c’est prévoir (et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte) », nous disait Émile de Girardin en 1852. Une maxime qui ne s’est jamais démentie, même si les modes d’action et les moyens alloués à la nécessaire prévoyance n’ont cessé d’évoluer, et pas forcément toujours dans le bon sens

Car depuis le 9/11, c’est toute la philosophie du renseignement qui a été remise en cause. Plutôt que de chercher à prévenir, nos gouvernants nous ont demandé de nous recentrer sur le contre-terrorisme et de venir renforcer le travail policier (approche préemptive ou réactive)…au détriment du travail de prévention des risques qui passe par la collecte d’informations, véritable core bussiness des services de renseignement. Désormais, les services de renseignement servent presque uniquement à fournir des informations utiles au travail policier.

Aujourd’hui on constate que les services de renseignement occidentaux sont dépassés par les nouvelles situations sécuritaires, en particulier par les conflits asymétriques et leur corolaire le terrorisme de masse. A force de ne plus travailler qu’en supplétif des forces de police, nos services ne sont plus à même de travailler sur le long terme.

Il y a donc urgence – et sans doute est-il déjà un peu tard – de réorienter et de réorganiser les services de renseignement dans ce qui est leur mission première : la collecte d’informations qui doit permettre, après analyse, de donner des renseignements précis et utilisable par nos responsables politiques afin d’assurer la protection de nos Etats, de nos citoyens et de nos entreprises.

Ce blog sera ainsi dédié à l’urgente et nécessaire refondation des services de renseignement et à leur adaptation aux risques émergents à l’aube de ce XXIème siècle.

Bonne lecture !